La Bourse allemande (Frankfurter Wertpapierbörse, FWB) n’est pas un marché de capitaux parmi d’autres. C’est la place où s’échangent les actions des plus grands groupes allemands, et un indicateur fiable de la santé de l’économie du pays. Pour comprendre son statut, il vaut la peine de regarder son histoire autant que son fonctionnement actuel.
Toutes les transactions se règlent en euros et l’écrasante majorité du volume passe par le système électronique XETRA. Les titres cotés à Francfort forment la colonne vertébrale de l’économie allemande et européenne ; plus de détails sur les sociétés dans notre rubrique actions.
Des foires médiévales à la domination numérique
Les débuts du négoce à Francfort remontent au IXe siècle et à ses marchés médiévaux. La fondation officielle de la Bourse est datée de 1585, lorsque les marchands locaux se sont accordés sur des taux de change uniformes, posant les bases d’un marché organisé de valeurs mobilières.
L’année 1879 marque un tournant : la Bourse s’installe dans son imposant édifice, qui reste aujourd’hui le symbole de la place financière de Francfort. L’étape décisive de l’époque moderne fut l’introduction du système de négociation entièrement électronique sous la marque XETRA, en 1997. Il a transformé la manière de traiter et propulsé la FWB dans l’élite mondiale.
La Bourse est aujourd’hui exploitée par le groupe Deutsche Börse AG. Son histoire est liée à l’essor économique de l’Allemagne, de la révolution industrielle au miracle économique d’après-guerre jusqu’à nos jours. Elle a traversé les guerres mondiales et les crises financières, et a chaque fois consolidé sa position de leader européen.
L’indicateur qui donne le ton en Europe : le DAX
La FWB compte parmi les places les plus liquides d’Europe. Le volume du carnet d’ordres sur les plateformes Deutsche Börse Frankfurt et Xetra a atteint 1 755 milliards d’euros en 2025 ; la moyenne quotidienne sur Xetra se compte en unités de milliards d’euros. C’est aussi ici que réside l’indice européen le plus suivi :
Le DAX (Deutscher Aktienindex) est l’indice principal et le plus médiatisé. Il réunit les 40 plus grandes et plus liquides sociétés allemandes négociées via XETRA, parmi lesquelles Siemens, SAP, Volkswagen ou Allianz. C’est un indice dit de performance, ce qui signifie que sa valeur tient également compte des dividendes réinvestis. Cela le distingue de la plupart des indices mondiaux et offre une image plus fidèle du rendement total d’un placement.
Le MDAX prolonge le DAX et regroupe 50 valeurs moyennes qui suivent immédiatement les sociétés du DAX par la taille. Il est considéré comme le baromètre du Mittelstand allemand, ce puissant tissu d’entreprises de taille intermédiaire.
Le TecDAX est un indice spécialisé suivant les 30 principales entreprises technologiques allemandes. Il sert de référence au secteur technologique du pays.

Les principales sociétés cotées à Francfort
Contrairement à d’autres places parfois étroitement spécialisées, la FWB accueille de très grandes entreprises établies, issues de tous les domaines essentiels de l’économie allemande.
Les géants industriels et automobiles en sont le pilier incontesté. On y trouve des conglomérats mondiaux et des constructeurs comme Siemens (SIE), Volkswagen Group (VOW3), Mercedes-Benz Group (MBG) et BMW (BMW), ainsi que les fleurons de la chimie, à savoir BASF (BAS) et Bayer (BAYN).
Le deuxième pilier est le secteur financier et assurantiel. Parmi les noms les plus connus figurent Allianz (ALV), l’un des plus grands assureurs mondiaux, et des maisons financières telles que Deutsche Bank (DBK) ou le réassureur Munich Re (MUV2).
Le secteur technologique est lui aussi fortement représenté, avant tout par le géant du logiciel SAP (SAP), première société européenne du secteur. À ses côtés se trouvent le fabricant de puces Infineon Technologies (IFX) et le colosse de la logistique Deutsche Post (DHL). Les entreprises des énergies renouvelables, de la santé et des biens de consommation gagnent aussi en importance, comme le fabricant de vêtements et chaussures de sport Adidas (ADS).
Les actions les plus valorisées de la Bourse allemande
Les sept plus grandes valeurs allemandes par capitalisation boursière. L’ordre surprendra quiconque associe l’Allemagne d’abord à l’automobile : en tête figurent l’industrie, le logiciel et l’assurance, tandis que Mercedes, BMW et Volkswagen sont aujourd’hui d’un ordre de grandeur inférieur.
| Société | Cours | Variation | Variation % | Capitalisation |
|---|---|---|---|---|
| 159,73 USD | -2,09 USD | −1,29 % | 245,71 mld. USD | |
| 208,36 USD | +2,20 USD | +1,07 % | 240,49 mld. USD | |
| 50,41 USD | +0,33 USD | +0,66 % | 191,20 mld. USD | |
| 32,45 USD | -1,07 USD | −3,19 % | 155,20 mld. USD | |
| 35,83 USD | +0,41 USD | +1,16 % | 152,43 mld. USD | |
| 72,50 USD | +0,43 USD | +0,60 % | 94,21 mld. USD | |
| 11,88 USD | -0,04 USD | −0,34 % | 74,73 mld. USD |
Cours indicatifs et différés.
Les cours du tableau sont en dollars, car nous suivons ces sociétés via leurs ADR américains. À la Bourse de Francfort, les mêmes actions se négocient en euros sous les codes SIE, SAP ou ALV.
Comment investir à la Bourse allemande et acheter des actions
Acheter des actions allemandes est aujourd’hui bien plus simple qu’il n’y paraît. Les courtiers en ligne dispensent d’ouvrir un compte à l’étranger.
La marche à suivre est directe : une fois le compte ouvert et approvisionné, il suffit de chercher le code de la société choisie et de passer l’ordre. Les actions de la FWB se traitent en euros et la plupart des plateformes permettent de tenir le compte en plusieurs devises, ce qui facilite l’ensemble.
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Conclusion
La Bourse de Francfort est à l’Europe ce que New York est aux États-Unis : le lieu où un passé industriel rencontre un présent numérique. XETRA en a fait en 1997 un marché entièrement électronique, et le DAX est aujourd’hui le premier chiffre que consulte quiconque veut savoir comment se porte l’économie allemande.
Pour l’investisseur, l’essentiel est qu’on y accède aussi facilement qu’aux marchés américains — et que la composition du haut du marché ne correspond pas à ce qu’il imaginerait. Les entreprises allemandes les plus valorisées ne fabriquent plus d’automobiles.